Apprendre du monde

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Choc économique, crise sociale : des dizaines de milliers de personnes défient le gouvernement grec et les banquiers européens à Thessaloniki Expo, le 10 septembre. La police a déployé des gaz lacrymogènes de type militaire contre des manifestants en grande majorité pacifique.

Nous sommes arrivés en Grèce cet été juste au moment où des combats de rue éclataient dans Athènes. Pendant des jours entiers, la police a noyé de gaz lacrymogènes les gens qui occupaient la place Syntagma. Les manifestants se dispersaient pour se regrouper sur les marches du Parlement. Les métros étaient transformés en centre de soins pour les blessés.

Un mouvement mondial de révolte et de résistance est en train de se développer. Ce qui s’est passé d’abord en Tunisie et en Égypte a ébranlé et renversé des gouvernements, puis s’est étendu à l’Espagne, à la Grèce et à l’Angleterre – et maintenant à New York et à tous les États-Unis.

En Grèce, une génération se réveille. Ils s’appellent les Indignés. Ils rejettent la vieille politique et les vieux partis. Ils refusent d’accepter les coupes claires et les mesures d’austérité imposées par les banques et l’Union européenne. Ils sont déterminés, en colère et juste.

Ils ont dû faire face à des défis en Grèce. Des ultra-nationalistes de l’extrême-droite ont tenté d’infiltrer le mouvement. La police les a attaqués. Certains partis de gauche anémiés ont condamné le mouvement en disant qu’il n’a pas pour objectifs des élections ou des réformes mineures.

Un des symboles populaires est l’hélicoptère : les gens veulent que le gouvernement grec parte, démissionne et s’enfuit en exil. Ou juste qu’il fout le camp.

Et pourquoi pas chez nous ? Si le peuple d’Égypte peut pousser Moubarak vers la sortie, pourquoi ne pourrions-nous faire de même avec les hommes et les femmes politiques des États-Unis qui sont au service des banques et qui nous maltraitent.

Les banques sont mondiales. Ils ont mondialisé les ateliers de misère et les compressions du personnel. Nous, nous mondialisons la révolte.

Une jeune activiste du mouvement grec d’occupation des places nous a dit :

« Je ne me suis pas intéressée directement à la politique jusqu’à ce qu’Alexandros Grigoropoulos, 15 ans, soit tué par la police il y a trois ans. Une heure après l’assassinat, des émeutes ont éclaté partout – si tu étais jeune et un peu sensibilisé, tu ne pouvais faire autrement que de
participer. »

« Cet assassinat n’a été que le début pour des gens opprimés par le système. Après les années 80, les usines fermaient et la jeunesse grecque découvrait qu’elle n’avait rien. En 2008, le chômage atteignait un point critique. »

Crise, chômage, coupes budgétaires, meurtres policiers. N’est-ce pas ce à quoi nous faisons face ici aussi ?

En Grèce, on nous demandait sans arrêt : et aux États-Unis, il se passe quoi ? Vous allez vous joindre à nous ? Qu’est-ce que vous faites ?

Aujourd’hui nous pouvons répondre : ici aussi nous bougeons. Nous apprenons. Nous allons de l’avant.

Nous n’avons pas à accepter le monde que nous imposent les banques, les hommes politiques et la police. Nous sommes l’avenir.


Traduit par Blandine Pélissier

Cet article est également disponible en : Anglais, Espagnol, Arabe, Roumain, Turc

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