Les organisations syndicales répondent présents.

Foley Square, October 5th, 2011

Les organisations du travail et les syndicats de New York et des États-Unis ont approuvé l’occupation de Wall Street et promettent de continuer à aider et soutenir le mouvement des 99 % . Ci-dessous, des extraits de leurs lettres de solidarité :


Transport Workers Union Local 100 (Syndicat des employés des transports)
« Transport Workers Union Local 100 applaudit le courage des jeunes gens qui manifestent de façon spectaculaire à Wall Street pour ce qui est aussi notre position depuis longtemps : le partage des sacrifices prôné par les dirigeants, ressemble furieusement à une voie à sens unique. Le travailleur, l’homme de la rue, se serrent la ceinture, et les financiers responsables de l’effondrement de l’économie s’en tirent à bon compte et augmentent même leurs avoirs et leurs bonus. Les jeunes sont confrontés à un sombre avenir de chômage de masse et de boulots payés au salaire minimum. Les fonctionnaires ont devant eux des maires et des gouverneurs qui exigent d’énormes réductions de salaires et de prestations sociales sous peine de devoir licencier des milliers de personnes. Ce n’est plus de la négociation. C’est du chantage. Nous soutenons les manifestants de Wall Street et leur objectif de réduire les inégalités et défendons le droit de chaque Américain à avoir un travail décent, des soins de santé et une retraite assurée. »

Retail, Wholesale and Department Store Union (Syndicat du commerce de détail, du commerce de gros et de la grande distribution)
« L’opération “Occupy Wall Street” a mis en lumière une réalité qui ne peut être niée : L’avidité des grands groupes gâche la vie de millions de travailleurs et de chômeurs. Un petit nombre d’entreprises, de banques et de groupes possède désormais par milliards notre richesse et nos biens collectifs. Cet argent devrait être investi dans la création d’emplois à très grande échelle et utilisé pour reconstruire les innombrables vies ruinées par l’imprudence qui a causé la récession. Après avoir écouté si longtemps les mensonges de ces 1 %, ces femmes et ces hommes courageux qui occupent Wall Street disent la vérité à la majorité silencieuse des 99 %. C’est la raison pour laquelle leur message a un tel écho. Ils offrent une perspective claire, qui suscite rarement une telle attention, mais qui est partagée par des millions de gens ordinaires, pas seulement par des activistes et des syndicalistes : Wall Street ne devrait pas avoir le contrôle de notre économie, de notre démocratie, ni de nos vies. »

National Nurses United (Syndicat des infirmiers et infirmières)
National Nurses United, le plus grand syndicat national représentant 170 000 infirmiers diplômés, exprime son soutien et sa solidarité avec les manifestations et les rassemblements actuels de l’opération “Occupy Wall Street”. Nous applaudissons l’engagement, le savoir-faire et le dévouement montrés par la foule d’étudiants, de syndicalistes, de prêtres et de nombreuses personnes de toutes origines sociales qui se sont retrouvées pour dire haut et fort qui est coupable des maux de la nation. Wall Street a provoqué la crise financière et nous exigeons avec vous que Wall Street nous rembourse. Pour les infirmiers et infirmières que nous sommes, le mot d’ordre de ce combat est simple : “Guérissez l’Amérique, faites payer Wall Street!”

Industrial Workers of the World (IWW, Travailleurs Industriels du Monde)
“Le Comité Général de Défense de Industrial Workers of the World est solidaire de nos courageux frères et soeurs de l’opération Occupy Wall Street. Nous dénonçons et jugeons détestables l’intimidation, le harcèlement et la brutalité dont fait preuve la police de New York. Ces actions policières montrent le vrai visage de Wall Street et du capitalisme. Nous en appelons à tous ceux qui gardent encore quelques sentiments d’humanité pour qu’ils démontrent leur soutien de la classe ouvrière en refusant de prendre part à cette brutale répression de l’opposition. Les seuls individus non affectés par la volatilité du capitalisme, de la mondialisation et de la bourse sont ceux qui s’enrichissent en favorisant les disparités entre les travailleurs par une crise économique calculée. Nous soutenons tous nos courageux camarades ouvriers aux premières lignes de ces occupations dans tous les États-Unis et ailleurs dans le monde. Nous sommes conscients que les forces d’occupation sont les classes dirigeantes riches, leurs institutions et les états qui légitiment leur pouvoir. La police et les forces armées qui protègent la richesse et le pouvoir de leurs maîtres sont tout aussi coupables que ceux-ci. C’est seulement en nous unissant et en étant solidaires en tant que classe sociale que nous pourrons reconquérir nos rues et nos places de travail.”

American Federation of State County and Municipal Employees, AFL-CIO (AFSCME) (Fédération américaine des employés des états, comtés et municipalités, afiliée à l’AFL-CIO)
“C’est un message très clair qu’on envoie maintenant à Wall Street : La priorité n° 1 devrait être de reconstruire Main Street, le pays profond, et non pas de donner davantage de pouvoir aux PDG des grands groupes et à leurs marionnettes de politiciens. Nous sommes solidaires de ceux qui manifestent contre l’avidité de Wall Street. Cette économie, qui a brisé tant de vies, détruit les emplois, désespéré des millions d’Américains mis à la rue, est le fait de banques qui jouent aux dés avec notre avenir. Leur irresponsable course au profit, au détriment du rêve américain que poursuivent les familles des travailleurs, doit cesser.”

Laborers’ International Union of North America (Union internationale des Travailleurs d’Amérique du Nord)
“Le principal atout de l’Amérique n’est pas Wall Street, c’est son peuple de travailleurs. Néanmoins aujourd’hui en Amérique des millions de travailleurs sont au chômage et perdent leurs maisons, leurs espoirs et leurs rêves. Pendant ce temps-là, les grands groupes font des bénéfices record et les sociétés les plus rentables parmi ceux-ci ne paient pas d’impôts, ce qui déplace un peu plus la richesse des classes de travailleurs et de la classe moyenne vers celle des possédants. Wall Street a provoqué notre crise économique, et pourtant les grands groupes essaient de contraindre les travailleurs à en payer les conséquences. La seule façon de repousser cet assaut est de renforcer les syndicats et de mettre sur pied des mouvement comme Occupy Wall Street.”

Amalgamated Transit Union (Syndicat unifié des transports)
“Ces jeunes gens parlent au nom de la grande majorité des Américains ulcérés par les banquiers et les courtiers en bourse qui ont fait des bénéfices sur le dos des gens qui travaillent dur. Les utilisateurs des transports en commun ont payé par des augmentations record des tarifs et des réductions de service. Comment osent-ils exiger que nous chouchoutions les riches alors que les pauvres perdent leurs prestations sociales et que des millions de personnes sombrent dans la pauvreté? Des membres d’Amalgamated Transit Union en différents endroits du pays projettent d’apporter leur aide en participant à des occupations similaires.”

United Steelworkers (Sidérurgistes Unis)
“Le syndicat United Steelworkers, le plus grand syndicat industriel d’Amérique du Nord avec 1,2 millions de membres actifs et retraités, est solidaire de l’opération Occupy Wall Street qu’elle soutient vivement. Les hommes et les femmes courageux, dont beaucoup sont des jeunes sans emploi et qui ont manifesté pendant trois semaines 24 heures sur 24 à New York, sont les porte-parole de bien des gens dans notre monde. Nous en avons assez de l’avidité des grands groupes, de la corruption et de l’arrogance qui ont causé tant de souffrances à bien trop de gens pendant bien trop longtemps. Notre syndicat résiste et combat ces capitaines de la finance qui placent Wall Street au-dessus de Main Street (= l’Amérique profonde, ndt.). Nous sommes bien placés pour savoir quels désastres provoque une économie mondialisée dans laquelle les travailleurs, leurs familles, l’environnement et notre avenir sont sacrifiés afin qu’un petit nombre de privilégiés puissent gagner encore plus d’argent en faisant peiner tout le monde–sauf eux.”


Traduit par François-Régis Rolland

Cet article est également disponible en : Anglais, Espagnol, Arabe, Turc

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